De Nîmes à Madrid

Manolo, officier républicain espagnol exilé politique en France depuis 1939, parlait rarement de la guerre d’Espagne. Mais, quand il le faisait, il rappelait sentencieusement que les « fachas » n’avaient pas tardé à montrer leurs vraies motivations. A peine un mois après le soulèvement, quelques nervis exécutaient près de Grenade Federico García Lorca, un vieux maître d’école et deux toreros. Manolo en concluait : « Ils n’éliminaient pas seulement la poésie, le savoir et la tauromachie, ils affichaient aussi leur haine de tout ce qui ne correspondait pas à leur vision du monde : l’homosexualité du poète, l’infirmité de l’instituteur qui était boîteux, la...

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