Carnets de voyage de Bernard Déliane – #2

Juin 13, 2016 | Cuaderno de viaje

Plazas de toros

2,2 milliards d’euros, c’est ce qu’a proposé le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, émir du Qatar, à la famille Balaña pour acheter et transformer, avec minaret de 300 mètres de haut, les 10 000 mètres carrés de la Monumental de toros de Barcelone en mosquée. La construction d’une telle mosquée à l’endroit même des anciennes Arènes ne serait-elle pas la façon la plus symboliquement frappante de cracher tout le mépris que les traditions méritent aux yeux des tenants catalans du Grand Remplacement ? D’autres arènes, déjà, ont vu leur structure originale transformée. A Almaden, province de Castille, à quelques 200 kilomètres de Madrid, l’ancienne plaza de toros est devenue un hôtel de style. A Zacatecas, au Mexique, même conversion. Les arènes, construites en 1866 et qui ont accueilli des corridas jusqu’en 1975, se sont métamorphosées en hôtel de luxe et en un lieu événementiel en conservant le caractère et la beauté de l’architecture historique. La restauration exceptionnelle a reçu le prix International Architectural Award.

Almaden

Zacatecas

La plaza de toros de Acho, dominée par le Cerro San Cristobal

Plaza de toros d’Acho

La Plaza de Toros d’Acho au Pérou a été construite dans le vieux quartier de Rimac, sur les ruines de l’ancien bûcher de l’Inquisition. Le nom d’« acho » est issu de la langue Quechua. « Haacho » signifie la partie haute, le lieu d’où on voit la mer, en l’occurrence la petite colline du Cerro San Cristobal. Ce sont les plus anciennes arènes de toute l’Amérique puisqu’elles furent édifiées en 1765, pour un coût de 107 609 pesos et 6 réales de l’époque, sous l’autorité du Vice-Roi Manuel Amat y Juniet.

L’architecte maître d’œuvre, Landaburu, obtint la licence à condition de payer 1500 pesos chaque année à l’hôpital des pauvres. L’inauguration eut lieu le 30 janvier 1766. Le Vice-Roi assista à cette première corrida accompagné de La Périchole, une chanteuse de rue populaire qui inspirera plus tard Prosper Mérimée et Jacques Offenbach.

Trois toreros péruviens – « Pisí », « Gallipavo » et « Maestro de España » – combattirent seize taureaux de Gomez, un élevage situé à Cañete au sud de Lima. Seules sont plus anciennes aujourd’hui la Maestranza de Séville (1761) et les arènes de Saragosse (1764).